Premier jour, l’accueil est glacial : 3 degrés en sortant du bus, petit déjeuner froid sur le parking pour tout le monde à grelotter tout ce qu’on pouvait. Ce réveil tonique nous a permis de partir énergiquement vers la ville pour une visite d’une journée à Salamanque. Cette première approche de l’Espagne fut finalement fort agréable. La ville de Salamanque est vraiment magnifique, et très .. vivante. Après quelques heures, déjeuner à l’auberge de jeunesse, déjeuner qui nous le savions pas encore, augurait un clin d’œil culinaire permanent : le poulet frites. Les élèves ont pu attendre leurs encadrement en commençant la dorure de leur cuir respectif.. Après un quartier libre, retour au bus et direction Caceres notre quartier général.
Caceres est une ville qui vaut principalement pour sa vieille ville fortifiée. Une fois dedans nous n’avons plus envie d’en sortir. C’est comme se retrouver dans un autre temps et dans un autre monde. C’est ici que nous avons pu voir quelques processions avec ou sans les élèves (semaine Sainte "oblige"). La plus impressionnante reste, pour moi, celle du Christ noir, précédé de pénitents entièrement couverts, et totalement anonymes (pour être sur un pieds d’égalité m’a t on dit). Dès que le paso sort de l’Eglise le silence commence à s’installer. Et dès que la procession est en vue le silence est total dans la foule qui l’entoure. La plus folklorique (au bon sens du terme) reste celle d’un Christ dansant avec une vierge sur une musique enregistrée.. mais après des Seitas en direct et des prières collectives.. des pasos tenus à bout de bras par les porteurs.
Bien entendu nous ne sommes pas restés toutes la semaine à Caceres même : petite excursion d’une journée à Trujillo, ville forteresse aussi, sous un ciel resplendissant (nous avons eu jusqu’à 30 degrés) avec visite du musée Pizarro ; petite journée à Madeira pour voir des vestiges gallo romains et se balader dans la ville. Le clin d’œil de Caceres et de ces quelques excusions : les cigognes. Il y en avait plein et partout, couvant leurs œufs ou protégeant leurs petits.. ou essayant d’en avoir. Leur "chant " n’est pas très agréable, mais il faut avouer que nous yeux étaient souvent rivés vers les nids et leur absence créait vite le vide.
L’accueil a été très inégal : certains élèves se sont retrouvés dans une pension et non une famille avec des élèves d’autres groupes de français.. voire avec les profs de ces autres groupes. Certaines familles ont laissé les élèves sortir seuls le soir, d’autres les ont nourri de façon assez scandaleuse : deux pauvres sandwichs rabougris de pains de mis, avec une orange, pas d’eau.. pour le dejeuner d’un ado de 15 ans !!! Pour nous les profs, heureusement la bonne entente régnait, l’humour a été salvateur. Nous étions avec une dame qui préparait nos sandwichs la veille (donc la viande avait tout le temps de macérer dans son huile entre les deux tranches de pains déjà rassis), sans les mettre au frigo ; qui cuisinait très sommairement (poulet bouilli, avec légumes à l’eau ; œufs frites…) ; et qui nous coupait l’eau la nuit, le premier jour il a fallu raler pour avoir de l’eau chaude.. (après 24 h depuis le départ l’eau froide a échauffé les esprits).. etc.. etc
Les élèves ont été très sympas pour la grande majorité. Forcément sur les 51 il en a fallu 2 ou 3 pour sinon casser l’ambiance, au moins tracasser les esprits.. surtout ceux des profs. Les randonnées nocturnes pour ramener les élèves portes à portes nous donne encore quelques séquelles corporelles.
Dernier jour à Tolède pour visiter certes la ville mais aussi l’académie militaire. Nous ne nous attendions pas du tout à l’accueil qui nous a été réservé : très bon enfant, très chaleureux, pleins d’attentions… les élèves ont fait bonne figure qui plus est (marches en formations, uniformes…). Ils ont eu le droit à un super déjeuner, plus un gouter pour la route, des cadeau pour tout le monde (y compris les profs.. qui eux n’avaient réussi à rien obtenir du pryt pour offrir quelque chose.. heureusement « on » a fait autrement), des chars dans lesquels les élèves pouvaient entrer, des taquineries sur la France, l’armée française, des échanges d’insignes, de ceintures.. bref cela reste un très bon souvenir.. Quant à la ville : après une semaine de marche, du porte à porte pour raccompagner les élèves, des bons comme des « mauvais » moments.. la fatigue n’a guère permis d’apprécier la descente et encore moins la montée pour voir les différents monuments pourtant magnifiques. Nous avons principalement écumé les magasins pour dépenser tout ce que nous avions réussi involontairement à économiser jusqu’ici J.
J’espère ne pas vous avoir ennuyé avec ce long billet.
Bises
Lor